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Gouvernance: Une entrée en scène difficile du Ministère des Marchés Publics

Bien pensée, la création du Ministère des Marchés publics a donné de l’espoir en ce qui concerne la gouvernance de ce pôle d’activité assez décrié. Mais avec ses premiers pas, l’on a presque déchanté sur le terrain, certains acteurs allant jusqu’à qualifier le MINMAP de source de confusion et de retard.

Depuis l’année 2012, un nouveau Ministère a été créé : le Ministère des Marchés Publics (MINMAP). Ce Ministère a pour mission générale de passer les marchés publics et de les suivre. Cette mission était assignée par le passé à la commune et aux Services Déconcentrés de l’Etat. L’Etat ayant constaté que le secteur des marchés publics présentait beaucoup de manquements et était gangrené de corruption, a crée le Ministère des Marchés Publics. L’on a cru percevoir par là entre autres : une volonté du Président de la République d’accélérer la lutte contre la corruption dans ce secteur nébuleux, une opportunité de simplifier la procédure de montage des dossiers d’appels d’offres (Dao), de définir les missions et les rôles des différents intervenants de la chaine ; tout ceci dans le but d’améliorer la qualité et le taux de réalisation des projets issus du Budget d’Investissement Public (BIP).

Malgré ces efforts manifestes du Chef de l’Etat, les missions de ce nouveau Ministère restent  incomprises par les autres acteurs de la chaîne. Le déploiement de l’équipe de DMJ sur le terrain dans le but de mener une étude sur le rôle et l’interaction entre les intervenants dans le suivi du BIP relève l’existence  de plusieurs confusions, et surtout de chevauchement de rôles entre les acteurs en charge par exemple du contrôle. Cette situation est à l’origine d’un sentiment de méfiance et de conflit latent qui risque de fragiliser les résultats attendus aussi bien par le Chef de l’Etat en particulier que les citoyens camerounais en général. Par exemple,  le contrôle technique des travaux par les ingénieurs  sectoriels (MINEE, MINTP, Patrimoine) est désormais concomitamment exécuté par les commissions respectives  du MINMAP ; et comme il nous a été rapporté, c’est le rapport de la commission du MINMAP qui est le plus pris en compte par la Brigade de Contrôle des projets, tutelle des commissions. Plusieurs exemples semblables peuvent être énumérés. 

On peut également relever le montage des Dossiers d’Appel Offre (DAO) qui se fait simultanément par le MINMAP, les départements ministériels concernés et le maire ; le suivi physico-financier qui se fait désormais par le Minepat et le MINMAP ; etc. En face du MINMAP, les acteurs "dépouillés" d’une partie de leur mission sont mécontents et trouvent que "le nouveau Ministère est non seulement trop surchargé, mais se comporte comme le tout puissant quant à la gestion des marchés publics". Pour les responsables du MINMAP, "les collègues refusent de comprendre que les choses ont changé, d’où les réticences observées   de part et d’autre".

Le MINMAP s’efforce à développer des stratégies pour venir à bout  des difficultés rencontrées. Il procède par  la «  méthode pédagogique » qui consiste à expliquer aux uns et aux autres les nouvelles responsabilités prévues par les textes, à faire des rappels pour se faire comprendre, et surtout améliorer les relations qui semblent approximatives,  dixit un chef de  Brigade de Contrôle des Projets dans la région du Sud. 

L’entrée en scène du MINMAP a posé un autre type de problème : celui du grand retard constaté dans le démarrage des projets. Cet aspect de chose trouve sa justification, selon les acteurs de la chaîne de suivi du BIP, dans ses premiers pas ; car en effet, la machine est en rodage. Ses services sont en train de s’installer. Il faut lui accorder un peu de temps, avant de le juger au pied du mur. Mais le commun des citoyens peut se demander si cette raison peut à elle seule justifier le niveau de retard observé. Wait and see.

Il est compréhensible et même admissible que pour qu’un Ministère s’installe et fonctionne bien, il lui faut du temps. Cependant, il semblerait que le MINMAP fait face à une certaine résistance de la part d’autres acteurs qui occupaient la scène et qui aujourd’hui sont obligés de la partager avec le nouveau venu. Par exemple, les drafts des DAO sont parvenus à la Délégation des Marchés Publics de la Mefou et Akono avec plusieurs mois de retard. A ceci s’ajoute le fait que l’autorisation de dépenses a été donnée en avril, soit trois mois plus tard que d’habitude.