Joomla TemplatesWeb HostingWeb Hosting
Calendrier des activités
October 2017
S M T W T F S
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31 1 2 3 4
Home Actualité Tibati : Taxi moto et pêche engloutissent les jeunes

Tibati : Taxi moto et pêche engloutissent les jeunes

L’attraction des jeunes pour l’activité de taxi moto est venue supplanter l’attraction pour la pêche qui était la principale cause du décrochage scolaire dans la commune de Tibati. Plus de mille jeunes sous scolarisés sont moto taximen dans cette localité aux atouts agro pastoraux irréfutables. Il faut bien s’inquiéter du sort d’une telle jeunesse qui constituera demain une génération d’élite moto taximen.

La jeunesse de Tibati est pressée et très portée vers la recherche de l’argent, au point où certains augmentent leur âge pour vite atteindre 18 ou 20 ans et conduire une moto qui sera son gagne-pain, au détriment de l’école. Malgré les efforts de l’Association des Ressortissants du Djerem (ARD) à (re)intéresser les jeunes à l’école, ceux-ci font encore la sourde oreille.

La Mairie de Tibati chiffre à plus de cinq cent le nombre de jeunes qui exercent l’activité de moto taxi. C’est du moins le nombre de jeunes enregistrés dans les documents financiers de la commune. Au niveau de l’Association des taxis moto, le chiffre est plus élevé. Le Secrétaire de cette association parle d’un peu plus de mille adhérents.

Ces jeunes qui exercent l’activité de taxi moto ne font pas sans une cure d’incivisme et de déviance. Il n’y a pas une seule autorité qui ne reconnaisse pas que plusieurs d’entre les moto taximen consomment des stupéfiants pour, disent-ils, avoir de la ténacité nécessaire pour ‘‘travailler durant de longues heures’’. Ils s’empoisonnent et se tuent en consommant à la surdose des antalgiques qui ne leur sont pas prescrits. Ce qui les rend faibles et amorphes, confie un jeunes appelé (Ndlr : jeune formé au volontariat par l’Agence Civique Nationale de Participation au Développement).

Si hier, la pêche occupait la scène des préférences des jeunes, l’activité de taxi moto lui a ravi la vedette. Il se dit que le lac et les autres lieux de pêche ont tari du fait de la pression exercée sur les poissons y compris les alevins. ‘‘Le repos biologique a difficilement été respecté, ce qui a freiné la reproduction des poissons devenus rares’’ déclare une autorité locale qui se souvient que ‘‘les jeunes faisaient la pêche en tout temps, et en toute saison. Il n’était pas rare de voir des enfants sortir pour l’école et de dévier en chemin pour aller couper l’eau’’. Aujourd’hui, la même pratique s’observe à la seule différence que les jeunes s’orientent vers les taxis moto dont ils sont les travailleurs.

Le principal danger qui guette la jeunesse de Tibati c’est que ces jeunes arrêtent l’école pour chercher un argent qu’ils ne trouvent pas, sinon très péniblement car il faut travailler durement et longuement pour pouvoir être en mesure de verser la recette au propriétaire réel de la moto. A côté de ce danger, les moto taximen constituent eux-mêmes, comme cela peut être noté dans certaines villes et campagnes du pays, de véritables vecteurs d’incivisme et de désordre urbains. Parmi les tares qui leur sont reprochés, l’on peut relever la mauvaise conduite, les accidents récurrents.

La situation est plus grave encore du fait que ces jeunes en question sont d’un très faible niveau d’éducation. Au premier contact avec eux, vous les perdez s’il vous arrive de dire plus d’un mot en français. Il est difficile de vous adresser à ces jeunes en français ou en anglais pour faire allusion aux deux langues officielles du Cameroun ; Conséquence de la désertion précoce et prématurée de l’école pour se faire engloutir dans le business de la pêche et du taxi moto.

Quel avenir pour la jeunesse de cette commune ? DMJ pense à un concept qui doit permettre de réconcilier l’école et les activités lucratives dans le but de récupérer une partie de cette jeunesse presqu’à la dérive, comme l’observait un des présidents locaux du conseil de la jeunesse. Une jeunesse qui ne cesse de se plaindre haut et fort qu’elle n’est pas prise en compte ni impliquée dans la gestion des affaires publiques au niveau local. Que feraient ces jeunes si l’on les appelait à effectuer un travail nécessitant le niveau de la première année du secondaire ? Plusieurs seraient hors course.