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Armée – Nation : Une relation pas toujours au beau fixe

La bravoure de l’armée camerounaise face à la secte terroriste Boko Haram pourrait être faiblement appréciée et compromettre durablement les rapports de l’armée aux populations civiles si les écarts de comportements de quelques brebis galeuses contenues dans les différents corps au front ne sont pas réduits. L’atelier du 22 février dernier a permis aux jeunes d’élaborer des pistes de solutions afin d’améliorer la collaboration entre la population et l’armée à l’heure des défis sécuritaires.

 

Extorsion de l’argent aux civils, abus de pouvoir, intimidation des populations, et utilisation de la force et parfois des armes contre la population. Telles sont des réponses des jeunes camerounais à la question de savoir «quel rapport entretenez-vous avec votre armée ?» Le temps d’un atelier de discussion organisé par la Dynamique Mondiale des Jeunes et la fondation Friedrich Ebert, le 22 février 2016, sur la thématique «Rapport entre population et l’armée : les Camerounais font-ils confiance à leur armée ?» Ces derniers mois, nos forces de défense, qui devraient être perçues par la population comme garant de leur sécurité, vu le contexte sécuritaire en crise que traverse le Cameroun, ont plutôt  la gâchette facile contre des populations civiles désarmées, qu'ils doivent pourtant protéger. Les jeunes venus des dix régions du Cameroun ont dressé le bilan des rapports qu’ils entretiennent au quotidien avec leur armée.  Quelques faits recensés sur ces 12 derniers mois le montrent à suffisance.

En  juin 2015, deux orpailleurs sont tués par des militaires du BIR, dans le Mayo-Rey. Ils réagissaient, apprend-on, à l'attaque au couteau d'un des orpailleurs. Une trentaine d'orpailleurs sont blessés au cours de la même opération. Quelques mois plus tard, trois militaires sont jetés en prison à Garoua (Nord), pour agression contre des civils et extorsions des fonds. Dans la nuit du 11 au 12 novembre 2015, à Kousseri (Extrême-Nord), un militaire abat un civil avec son arme de guerre après une dispute. Le 24 janvier 2016, à Wum, région du Nord-ouest, un militaire du BIR poignarde mortellement un conducteur de moto taxi, qui meurt sur le champ.

«C’est très choquant qu’une armée censée protéger l’intégrité territoriale d’un pays et assurer la sécurité des biens et des personnes  puisse commettre des atrocités contre ces dernières. Le problème est plus profond qu’on ne le pense.», s’exprime Maximilienne Ngo Mbe, Directrice exécutive du Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme en Afrique Centrale. «L’armée doit cesser de faire peur aux populations, mais inspirer confiance et respect.»

Nouveau contrat social

Le souci serait que l’armée soit désormais perçue sous un  nouveau jour par la population. De l’avis des jeunes, face à la montée en puissance du terrorisme, l’armée pourrait être une plateforme organique et inédite pour afficher son patriotisme, remplaçant même le football comme point de ralliement. «Le phénomène Boko Haram nous appelle à être unis plus que jamais derrière nos forces de défense pour affirmer notre attachement à la nation. Mais puisque celle-ci ne nous rassure pas… Au contraire, elle est perçue parfois comme notre premier ennemi. C’est très difficile.» Pense Charles Christian Siaga, l’un des participants. Autres pistes émises par les jeunes : le partage de l’information entre l’armée et la population, notamment en ce qui concerne la coopération civilo militaire qui semble être la chasse gardée de hauts gradés de l'armée. A cet effet il serait utile de multiplier la collaboration entre les deux parties via les comités de vigilance, et remettre à l’ordre du jour le volet social de l’armée (génie militaire, fonds spécial pour les démunis etc.),  le suivi et le recyclage constant de nos forces de défenses sur les questions civiques et humanitaires.

Les participants ont émis le vœu que la redistribution des ressources destinées à l’armée soit faite avec justice pour que les combattants au front reçoivent fidèlement la part qui leur revient, et que la reconnaissance des plus méritants se fasse non pas seulement à titre posthume, mais de leur vivant, afin de permettre la valorisation et la célébration des repères que l’on dit manquer tant aux jeunes.

Par-delà tout, les participants estiment que la sanction demeure la recette magique qui pourra arrêter les dérives des quelques éléments de l’armée qui se croient tout permis. «Il ne faut pas se limiter à leur changer les postes mais à les mettre devant leurs responsabilités à travers des procédures publiques.»

ValdèzeTafock