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Enquête à Yaoundé: Mon expérience avec la Dynamique Mondiale des Jeunes

edwige noudjioMon histoire avec Dynamique Mondiale des Jeunes a débuté lors de ma participation à la célébration de la Journée Internationale de la Paix à la Maison du Parti de Nkomkana en septembre 2014 où, sous invitation d’un des animateurs de DMJ, je fis la connaissance de cette organisation, de sa vision et ses domaines d’action. J’ai été réjouie de découvrir qu’elle œuvrait dans le même domaine que mon domaine d’étude, car je cherchais désespérément un cadre qui me permettrait de gagner en expérience professionnelle, mais particulièrement en droite ligne avec ma formation. Cette activité était organisée par DMJ dans le cadre du programme du Service Civil pour la Paix en partenariat avec l’ONG Allemande Pain pour le Monde.


J’ai beaucoup appris de ces moments d’échanges et le thème retenu « notre diversité culturelle, un outil pour la paix », nous a donné de nous rendre compte des multiples potentialités dont nous disposons en tant que jeunes pour construire la paix et la pérenniser dans notre pays, tant au niveau national que local. Car notre diversité culturelle est un outil précieux et efficace pour la paix au Cameroun.

Après cette découverte, j’ai assisté à plusieurs autres activités dans le cadre d’un autre programme avec la même organisation (DMJ) :le programme REDICOS (Renforcement du Dialogue Interreligieux et de la Cohésion Sociale). Ici, il s’agissait de la préservation de la paix par la promotion du langage interreligieux, de la tolérance religieuse dans nos sociétés et milieux sociaux, en majorité fréquenté par les jeunes. Ceci dans l’optique de mettre en lumière la beauté et l’importance de chaque religion afin de susciter en chacun le respect de la religion de l’autre ainsi que de ses croyances, car comme le dit un philosophe, ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre. Donc je dois m’épanouir dans ma religion tout en respectant celle de l’autre, en acceptant qu’il ne soit pas obligé de servir Dieu dans la mienne ou de la manière dont je le fais. Accepter la différence pour mieux avancer dans l’unité !

La méthode employée par Dynamique Mondiale des Jeunes m’a particulièrement intéressée : discussions avec les jeunes dans des forums et ateliers. La communication visuelle et participative est un moyen efficace pour marquer les esprits des personnes et leur donner de rentrer avec quelque chose dans leur mémoire au terme de ces entretiens ; c’est également un moyen efficace pour nous garder dans le sujet ou mieux étendre le sujet de manière constructive. Les ateliers de discussions entre jeunes est aussi à louer, car dans ces groupes, les jeunes confrontent leurs idées loin de tout préjugés et propos « attaquatoires ». Avec cette méthode, les jeunes apprennent mieux et se sentent impliqués dans la construction de la vie de leur Nation : « son point de vue compte aussi ». La troisième méthode c’est le partage du repas ou l’atmosphère de gaieté. Ce moment de convivialité nous aide à échanger ensemble, s’intéresser et s’ouvrir à l’autre pour mieux le connaitre et se faire connaitre à lui, et gagnerainsi des contacts utiles pour demain.

PRATIQUE

Après ces multiples conférences et ateliers, j’ai eu le privilège d’être sélectionnée dans l’équipe des enquêteurs qui devait se rendre du côté de l’Est Cameroun pour une étude que DMJ menait sur l’identification des besoins des réfugiés Centrafricains depuis leur entrée sur le territoire camerounais. Grande a été ma surprise d’être retenu lors des sélections, car l’aspect premier que j’avais eu des enquêteurs postulants le jour de la formation m’avait déjà « glacé » comme on le dit dans le jargon local.

En novice dans cette étude et bien disposée à apprendre de cette expérience, je suis rentrée chargée non seulement en connaissance pratique de terrain, mais aussi en expérience de vie. Car nous avons eu à vivre avec des personnes qui n’avaient pas le nécessaire pour vivre et qui néanmoins se sont « pliées en quatre » pour nous mettre à l’aise mon coéquipier et moi. J’ai également appris à travailler de manière objective, par l’intermédiaire et la manière d’agir de mon coéquipier, de part son caractère objectif et très organisé ; ainsi que son aisance à communiquer avec les personnes. De ce voyage, je ressors avec des leçons de vie, comme apprendre à se contenter du peu que nous avons et dire merci pour cela au lieu de se plaindre sans arrêt et jeter de la nourriture, car quelque part dans le monde des personnes meurent du manque de ce repas que nous gaspillons. Je ne dois pas aussi trier les repas, car tu ne sais pas où tu pourras te trouver demain, il faut savoir s’adapter le plus vite possible pour ne pas mourir de faim. Bref, la méthode « insitu » qui nous oblige à descendre sur le terrain et tâcher de se mettre dans la peau de l’enquêté pour mieux saisir ses réalités et motivations, nous aide à voir le monde et la vie d’une manière différente. Et nos rapports avec les autres beaucoup plus bénéfiques et fructueux.

Récemment encore, j’ai été contacté par DMJ pour une autre enquête cette fois sur Yaoundé portant sur l’enrôlement des jeunes dans les groupes armés au Cameroun dans le cadre du programme Service Civil pour la Paix. Mon équipier et moi avons couvert une zone sensible de l’enquête, du fait du nombre élevé de jeunes et de l’insécurité grandissante qui y règne ; il s’agit du Centre Ville. Notre cible principale était les enfants de la rue et les jeunes travailleurs, et les sites choisis étaient l’Avenue Kennedy, le Marché Central et la Gare Voyageur.

Armés d’une formation solide et fournie organisée par DMJ àNgaoundéré, nous les enquêteurs étions prêts à nous lancer sur le terrain pour mettre en pratique ce que nous avons reçu lors de la formation,et surtout sachant que nous étions dans la zone la moins dangereuse du pays ciblée par l’étude qui s’étend sur 6 régions du Cameroun avec notamment l’Extrême-Nord.

Après la répartition en binôme, nous avons été mis sur le terrain pour une durée d’une semaine. Sur le terrain, mon coéquipier et moi avons été confrontés à une première difficulté, nous nous sommes rendus compte de l’étendue de notre zone de collecte, et durant notre séance de préparation, nous résolûmes de nous rapprocher des différentes connaissances que nous avions dans ces zones afin de débuter la collecte. Notre première expérience se fit du côté du Marché Central. A ce niveau, la population est majoritairement jeune et débrouillarde. Les commerçants, à la quête de gain, ne pouvaient nous consacrer suffisamment de temps, de ce fait, nous nous devions donc de synthétiser le questionnaire ou de le présenter aisément afin que la personne interrogée ne se plaigne de sa longueur.

Voilà la première expérience que nous gagnons de cette collecte, la capacité de communiquer avec des personnes et de les amener à nous fournir les réponses que nous voulons dans un délai de temps réduit et une atmosphère tendue. Parvenir à soutirer des informations à quelqu’un qui ne le voulait pas au départ, et surtout à l’intéresser à la thématique pour une coopération totale.

La seconde difficulté a été celle reposant sur l’intitulé même de l’étude. Vue la situation conflictuelle dans laquelle notre pays se trouve exposé, les populations vivent dans la crainte et préfèrent ne pas se prononcer sur tout discours ou débats ayant trait à ces sujets sensibles de peur d’être arrêté ou de se faire capturer et tuer par après. Le sujet de notre étude ayant des liens très proches avec les bandes terroristes, son évocation chassait plus d’un. Ce qui nous a rendu la tâche difficile et presqu’inaccessible. Mais heureusement pour nous les quelques personnes ressources ou points focaux que nous nous sommes constitués dans nos relations nous ont aidé à palier à ce problème.

L’autre difficulté a été celle de la langue. Les jeunes que nous rencontrions, beaucoup plus les enfants de la rue étaient en majorité des jeunes du Nord Cameroun ou des personnes qui ont vécu de ce côté du pays sur une longue période. Parmi ceux que nous abordions, beaucoup ne s’exprimaient pas aisément en français, ce qui rendait la communication difficile et l’échange étouffé. Leur niveau d’études relativement bas, nous obligeait aussi à casser le langage pour se mettre à leur niveau et arborer un langage qui leur était accessible pour qu’ils nous donnent les informations dont nous avions besoin.

De manière ramassée et concluante, je dirai que cette expérience m’a donné de grandir en personnalité ainsi qu’en maturité dans la vie. Aimer la vie que nous avons et se contenter de ce que nous avons. Car l’amour excessif du gain et de la richesse, nous éloigne de ceux qui comptent vraiment pour nous et attire à nous des personnes qui n’en veulent qu’à notre argent. J’ai également appris à m’ouvrir aux autres, à écouter et surtout à pratiquer le leadership participatif, qui consiste à prendre en compte l’avis de l’autre dans les prises de décisions car si elles sont mal choisies elles engagent à même temps l’équipe ainsi que le résultat que nous rendrons à nos employeurs. Le travail en équipe est une collaboration où chacun met du sien pour l’avancement du travail ; la patience et la tolérance doivent être des valeurs phares dans ce type de travail si nous voulons avancer. Egalement la confiance en l’autre, aide à l’unité de l’équipe et le rendement final. Il faut veiller aussi à bien entretenir nos relations et connaissances, car tu ne sais à quel niveau cela peut t’être utile.

Je sors de cette expérience, bâtie et armée pour la vie professionnelle. Œuvrant dans le domaine de la paix, je sors gagnante de ce travail, non seulement en termes de connaissances sur la thématique de l’enrôlement des jeunes dans les groupes armés mais aussi en terme de connaissances pratiques ou d’aptitudes à adopter sur le terrain. Pour ce faire je tiens à remercier grandement la Dynamique Mondiale des Jeunes pour ce privilège qu’ils m’ont offert de vivre ces moments extraordinaires de ma vie et de culture de ma vie professionnelle et sociale. Un seul mot : « Allez de l’avant ! Un jour vous obtiendrez le fruit de vos efforts. »

Edwige Romualde NOUNDJIO SANDJON
Etudiante en Master II Paix et Développement
A l’Université Protestante d’Afrique Centrale
Faculté des Sciences Sociales et des Relations Internationales