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Les acteurs du secteur des transports exhortés à résister à la corruption

Chefs d’agences de voyage, chauffeurs, syndicats des transporteurs, chargeurs, motor boys et passagers sont conscients que ‘‘la corruption tue”  le secteur des transports et en définitive l’économie nationale. Ces parties prenantes de la route savent qu’ils doivent désormais résister à la corruption et même la dénoncer. Ce message leur a été porté le lundi 10 décembre 2012 dans le cadre d’une vaste campagne de sensibilisation organisée dans 5 principales gares routières de Yaoundé.

 

En ciblant le secteur des transports publics inter urbain pour la campagne de sensibilisation en vue de la prévention et de la lutte contre la corruption à l’ occasion de la journée internationale des nations unies contre la corruption, la Commission Nationale anti Corruption du Cameroun (CONAC) et son bras séculier la Coalition Nationale de Lutte Contre la Corruption (CNLCC) ont vu juste. La Dynamique Mondiale des Jeunes (DMJ) qui faisait partie des caravanes déployées sur cinq sites de sensibilisation a mis à contribution dix jeunes dont 5 garçons et 5 filles pour porter le message de la campagne à travers la distribution et l’apposition des affichettes et surtout des entretiens à bâtons rompus avec les interlocuteurs sur le terrain.

A la gare routière de Mimboman, Mvan comme à Etoudi, Tongolo et Mokolo, la campagne a été bien reçue par les cibles qui visiblement connaissent bien tous ceux qui sont impliqués dans les actes de corruption en tant que corrompus ou corrupteurs. Mais seulement, ils ignorent tout des voix de recours et les démarches à suivre et pour certains, méconnaissent les impacts et méfaits de la corruption. Un interlocuteur en blaguant a lancé que ‘‘la corruption est un facteur important de stabilité sociale dans notre pays’’ comme pour dire que la corruption au Cameroun contribue aussi à la paix. Pourtant, la CONAC s’emploie depuis plusieurs années à communiquer dans les médias pour informer, éduquer et sensibiliser les citoyens sur ses actions et les mécanismes de lutte mis en place. Néanmoins, la présente campagne est venue corriger ce manque.

Les échanges avec les transporteurs, syndicats et chefs d’agence ont démontré que chaque partie souffre d’une manière ou d’une autre de la corruption et souhaite par conséquent que le mal soit coupé à la racine. Mais laquelle ? Là est toute la question qui appelle une stratégie de lutte centrée sur l’individu, sur chaque individu voire sur soi. En résistant à la corruption et en la dénonçant, l’on devient ainsi un maillon essentiel dans le dispositif de prévention et de répression des actes de corruption. C’est à ce titre que les contacts téléphoniques et électroniques de la CONAC ont été communiqués pour permettre aux victimes de dénoncer leurs éventuels bourreaux. En mettant à disposition ces contacts, les agents sensibilisateurs ont tenu à rassurer les cibles que leur identité sera toujours gardée secret et qu’elles ne seraient jamais citées comme étant la source d’une quelconque information. Le plus important c’est la fiabilité et la véracité de l’information communiquée à la CONAC.

En bouclant la journée de sensibilisation, le groupe qui s’est rendu à la gare routière de Mimboman garde une nette impression que le message est passé et que les acteurs du secteur des transports sont prêts à résister à la corruption. Ils l’ont d’ailleurs manifesté en suggérant quelques idées. Par exemple que le port des macarons identifiant les personnes en charge des contrôles routiers (police et prévention routière), soit obligatoire et exigible afin de permettre aux transporteurs de renseigner sur les arnaqueurs.  A la question de savoir d’où vient l’argent avec us lequel les transporteurs/chauffeurs corrompent les contrôleurs,  les réponses ont été très diversifiées et sans conviction. ‘‘Notre agence ne donne pas de l’argent de corruption aux chauffeurs’’ ; ‘‘nos véhicules sont tous en règle, donc je ne voies pas comment nous devons accepter que nos chauffeurs se livrent la corruption sur la route’’ ; ‘‘ si les chauffeurs donnent de l’argent sur la route, eux seuls peuvent vous dire d’où cela leur vient’’. A leur corps défendant, les chauffeurs affirment qu’ils ‘‘ sont contraints de donner de l’argent au niveau des contrôles routiers pour éviter la fureur des passagers qui ne supportent pas que le voyage soit infiniment long parce que le chauffeur est pris par un contrôle. Les passagers nous poussent à payer même lorsque nos dossiers sont complets et que nous voulons résister à payer le moindre franc’’. Nous avons par ailleurs reçu ce témoignage d’un dignitaire de la Police qui a courageusement reconnu sous anonymat qu’a son entrée dans la Police autour des années 2003, ses éléments envoyés sur la route lui donnaient comme bonus de patrouille environ 30 000 fcfa($600/€ 46) par jour. Progressivement, ce montant avait chuté à 15000 fcfa(($300/€ 23)entre 2004 et 2008, puis à 5000 fcfa ($200/€ 8) entre 2008 et 2010 ; aujourd’hui, il n’y a plus de rente au niveau de son Commissariat. Toutes ces réponses montrent que chacun pointe l’autre du doigt et par conséquent que tout le monde sur la route est complice de la corruption. Ceci nous appelle à dire usagers de la route, nous devons changer d’habitudes et nous opposer énergiquement à la corruption.

 

Dupleix F. Kuenzob Pedeme

Secrétaire Exécutif

Dynamique Mondiale des Jeunes (DMJ)