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Formation sur la nouvelle norme ITIE: Quel avantage pour les populations riveraines des sites d'exploitation ?

Atrelier de Bertoua sur la nouvelle norme ITIEDans l’objectif de former et d’informer la jeunesse camerounaise à la nouvelle norme ITIE (Initiative de Transparence dans les Industries Extractives) en vue de son l’appropriation par celle-ci, la Dynamique Mondiale des Jeunes (DMJ), avec le soutien de la Banque Mondiale, a organisé un atelier de formation des jeunes à Bertoua du 23 au 24 janvier 2014. Cet atelier s’inscrit en étroite ligne avec la politique du gouvernement dans son plan d’action de communication autour du processus ITIE.

Le 17 octobre 2013 à Abidjan en Côte d’Ivoire, lors de la 25e Session du Conseil d’Administration de l’ITIE, le Cameroun a été déclaré pays conforme à l’ITIE. Depuis lors, par l’entremise du Comité ITIE National, l’état Camerounais a adopté un plan d’action de communication gouvernemental autour de l’ITIE portant sur la formation et l’information des populations. Pour mieux satisfaire aux 7 exigences de l’ITIE, le Cameroun s’est donné pour mission de toucher toutes les couches sociales et parties prenantes impliquées dans la gestion des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles extractives. La jeunesse qui représente près de 72% de la population est l’une des cibles les plus sensibles de ce programme gouvernemental. Quant aux populations riveraines, on peut résumer leur situation, sans risque de se tromper, en paraphrasant un musicien : On attend l’amélioration des conditions de vie, l’amélioration ne vient pas.

Atelier de Bertoua sur la nouvelle norme ITIEL’ITIE comprend un ensemble de clauses qui ont beaucoup évolué depuis le lancement en 2002 de cette initiative de la Société Civile internationale. Après treize années d’existences et de mutations, la transparence affichée ne semble pas encore garantir les Changements Significatifs attendus dans la vie des populations riveraines, lesquelles continuent de manquer du strict minimum vital : Hôpitaux, logements, formations professionnalisantes, établissements d’enseignements adaptés, grandes écoles professionnelles, bibliothèques, routes bitumées, autoroutes, ponts, infrastructures de communication et de télécommunication, lieux de prière. Le pays ne semble pas prêts à faire d’une priorité absolue la création d’industries de transformation des matières premières au lieu d’exporter systématiquement le brut…

Vu sous cet angle présentant le côté sombre du tableau qui dépeint la réalité vécue au quotidien dans les régions exploitées pour la richesse de leurs sols et sous-sols, il y a lieu de s’interroger profondément tout au moins pour savoir quelles actions fortes sont envisageables ; Grosse interrogation qui n’a pas trouvé de réponse sérieuse et concrète lors de l’atelier de formation et d’appropriation du processus ITIE, qui est un outil de gestion transparente et de Bonne Gouvernance. La jeunesse y a cependant appris que l’espoir doit être préservé, compte tenue du caractère évolutif et adaptatif du protocole ITIE. Dans l’attente du bout du tunnel, les jeunes continueront à poser des questions pertinentes en vue de trouver des arguments capables de déclencher l’action sociale et politique qui débouchera sur l’amélioration du bien être des populations riveraines.

Or, quelles contraintes dispose la norme ITIE pour marquer un soutien véritable aux populations qui ont encore le sentiment d’être des laissés pour compte, flouées au vu et su de tous ? Quelle exigence de la présente norme ITIE prend en compte le bienêtre des populations riveraines ? N’est-il pas encore temps de se demander plus sérieusement comment l’ITIE compte contribuer véritablement au développement durable et à l’amélioration du niveau de vie des populations riveraines ? Avant de s’avancer en conjectures, il faut peut-être d’abord rappeler qu’autant il y a eu des évolutions dans le contenu de la norme ITIE au niveau structurel, autant il y a eu des changements très significatifs dans la gestion du secteur extractif au Cameroun, comme dans beaucoup de pays en voie de développement. Aujourd’hui, l’on ne parle plus de « caisse noire » de la même façon que dans les années 90 et post. En effet, s’il existe maintenant ce qu’on appelle « caisse de souveraineté » pour permettre à certains gouvernements de s’accorder une marge de manœuvre de secours en cas d’urgence, de situations critiques non planifiées ou autres ; il faut reconnaitre qu’ici les pays conforme à l’ITIE ont fait un sérieux bon en avant. Ils ont pratiquement abandonné le "Contrôle total" dans la gestion des revenus de l’exploitation des ressources extractives, pour se contenter d’une "maigre portion".

Dès lors, où se trouve le nœud du problème ? Le paradoxe des richesses naturelles est celui des «Pays riches en ressources naturelles et populations pauvres et même extrêmement pauvres.» C’est le constat qui a motivé l’ITIE à son essence. Cependant, l’Initiative de Transparence dans les Industries Extractives ne sait pas encore enrichir les populations des pays enrichis par l’exploitation des ressources extractives. Le paradoxe étant encore d’actualité, à ce jour, il n’est donc pas exagéré de penser, comme certains, qu’il existerait une « malédiction » des ressources naturelles laissant croire à la sacralité des ressources naturelles dont l’exploitation auraient des conséquences fâcheuses ; nous y voilà avec un double paradoxe car au lieu que les entreprises extractrices soient maudites, ce sont les pauvres populations qui en payent le prix.

Il paraît cependant évident que l’insuffisance des pouvoirs de l’ITIE dans sa configuration actuelle ne devrait pas être considérée comme la seule cause responsable de la pauvreté des populations des pays implémentant le processus ITIE. En effet, le défi de transparence a d’autres opportunités d’expressions comme la Bonne Gouvernance, qui devraient résoudre ce problème sans avoir besoin de L’ITIE ; sinon, où se trouverait la bonne foi des gouvernements ? Malgré l’horizon couvert de nuages sombres, il faut quand même garder espoir, en comptant que la prochaine mutation de l’ITIE puisse intégrer l’ensemble des éléments entrant en jeux pour permettre un contrôle de l’utilisation de la quotte part réservée aux populations riveraines.

Atelier de Bertoua sur la norme ITIEEn attendant, les jeunes participants à l’atelier de Bertoua, résolus à ne pas se tourner les pouces, se sont engagés à créer un Forum ITIE National qui viendra renforcer la contribution de la jeunesse Camerounaise à la pérennité du succès de l’ITIE au Cameroun. Ainsi après les ateliers de Bamenda et Garoua, le Forum ITIE National pourra être lancé avec une représentativité nationale fondée sur des jeunes formés et disponibles pour accompagner le développement de leur pays.