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L’heure de la vigilance

Les sorties médiatiques de certaines élites politico administratives au nom de leurs circonscriptions politiques ou électorales et les réactions qu’elles suscitent en termes de désolidarisation ou de dénonciation ne doivent pas être  des signes prémonitoires de situations irréversiblement frontales en perspective. Le Cameroun dont la jeunesse n’a pas envie de voir les fondations être ébranlées, doit pouvoir exorciser les démons des rivalités et luttes intestines de conquêtes violentes de pouvoir qui hypothèquent l’avenir de la nation et de sa jeunesse.

 

Dans notre contexte actuel où le démon de la division semble refaire surface et plane comme une hirondelle fendant le ciel africain toujours obscurci, comme un aigle cherchant désespérément une proie en pleine cour d’un village déserté par ses habitants, le Cameroun, les enfants fils et filles de cette Afrique en miniature, ont la lourde responsabilité historique de ne pas importer sur leur sol les horribles scènes de tueries fratricides observées sous d’autres cieux. Nous avons la responsabilité de nous unir davantage et de travailler pour le devenir glorieux de ce pays qui, en dépit de son potentiel naturel et humain enviable, souffre malheureusement de stagnation et d’infortune. Il ne faut surtout pas en ajouter la haine, la vindicte et les règlements de comptes.

Quels enseignements les déchirures des pays voisins nous suggèrent-ils? Quelles leçons avons-nous tirées de cette barbarie des temps modernes qui s’observe un peu de partout sous les tropiques ? Quelles pensées avons-nous à l’égard de ceux et celles qui lèvent la machette, le couteau, l’épée, le poignard ou la hache voire toutes sortes d’armes blanches associées aux fusils et autres armes de destruction massives pour décapiter les autres ? Quels sentiments nous animent lorsque nous voyons des groupes identitaires s’opposer non pas dans des débats d’idées ou des propositions alternatives de construction nationale mais pour combattre par la force et la violence? Que nous inspirent tous ces pays détruits par leurs propres populations?

Les questions de cette nature peuvent se décupler par dizaine. Elles nous interpellent à faire attention à l’instrumentalisation identitaire et la manipulation de la conscience inculte des foules. L’heure viendra et elle est peut être même presque venue où beaucoup chercheront à réveiller les vieux démons de nos différences pour les exploiter comme fonds de commerce à l’autel des pseudo rivalités politiques intra ou inter partis, sans considération aucune de la commune appartenance au triangle national. D’ou viennent les différences? Ne sont-elles pas une originalité du plan divin de la création? Allah, Dieu le Tout Puissant et très miséricordieux n’a-t-il pas voulu une hétérogénéité et une exclusivité spéciale et spécifique pour chaque être vivant? Qu’il s’agisse de la différence ethnique, tribale, religieuse, sexiste, linguistique ou les différences d’âge, nous devons en tirer une seule et même question voire préoccupation. Comment nos différences peuvent-elles aider à servir la construction d’une nation forte, solide et prospère, une nation unie autour d’un idéal commun?

Certes, cet idéal, nous ne l’avons pas encore fixé dans nos esprits et notre regard prospectif, tant les égoïsmes ralentissent la marche ensemble vers la formulation d’un rêve partagé. Mais, nous ne devons pas être pessimistes et cesser de combattre ces égoïsmes. L’accession à un poste de responsabilité ne justifie pas la célébration par le village de l’ascension sociale d’un natif. De même, l’échec d’un responsable ne doit pas être imputé à son village, son département et sa région, à moins que les ressortissants ne se prêtent délibérément et ouvertement à vouloir défendre les causes perdues, jouant ainsi les avocats du diable au lieu de jeter un regard froid sur l’état des lieux qui prévaut. Par conséquent, il ne faut pas convoquer le peuple lorsqu’il faut discuter une prébende personnelle alors qu’il ne s’agit aucunement de position ou fonction élective. En quoi la réussite ou l’échec d’un individu est-il de la responsabilité d’une communauté? Fut-t-elle la sienne ? Cette interrogation nous suggère d’attirer l’attention des jeunes sur le danger qu’il y a à s’aligner politiquement derrière quelqu’un juste parce qu’il est une connaissance ou fait partie de la filiation. L’appel qui doit désormais être lancé à nos dirigeants c’est de les inviter à ne pas faire honte à leurs frères et sœurs en produisant de mauvais résultats dans la position occupée. Perçue comme cela, la responsabilité doit être remplie comme pouvoir et devoir de rendre compte et de ce fait, elle devient forcement individuelle et personnelle au moment du bilan devant le peuple.

Ni les avoirs individuels, ni les pouvoirs personnels ne doivent nous obliger à nous liguer dans une compétition aveugle et aveuglante qui aboutit honteusement à séparer les concitoyens et à se faire couler mutuellement leur sang. Ni nos positions sociales, ni nos privilèges ne doivent nous contraindre et nous prédisposer à dominer et à écraser nos semblables. Ce qui nous attend, c’est de remplir notre devoir toujours comme nous le commande la strophe de notre hymne national. N’oublions jamais que notre but assigné dans cet hymne c’est servir la patrie. Se servir de la patrie serait donc une haute trahison dont les cicatrices pourraient durer plus longtemps que le souvenir du sang de nos patriarches versé pour la liberté et la libération toujours en conquête de notre cher et beau pays le Cameroun.

Malheur donc à ceux et celles qui céderont à la tentation d’inciter les camerounais à se combattre et à se déchirer. Le jugement de l’histoire n’attendra pas pour s’abattre sur eux. Gare aux esprits fragiles et fragilisés qui seraient tentés par une quelconque sédition provocatrice. La jeunesse appelle à la responsabilité individuelle de chacun et surtout des dirigeants pour les actes qui sont ou seront posés. Les dirigeants notamment, les hommes politiques avec, ont la responsabilité de répondre de ce qu’ils auront fait du Cameroun. Ou auront-ils conduit notre patrie? Vers la déstructuration ou la consolidation de l’unité nationale? Vers la paupérisation et la clochardisation des masses ou la prospérité? La course au pouvoir ou pour sa conservation doit être lisible, visible et exempte de tout usage de la force et des stratégies d’exclusion injuste. Si recourt à la force est, que ce soit l’argument de la force des idées et des projets de société. Ce dont le peuple camerounais a le plus besoin, c’est une paix juste à travers laquelle les dirigeants, issus d’un processus honnête, juste et transparent se montrent concernés et préoccupés par les situations difficiles que les populations traversent. L’imposture, les règlements de comptes, la rébellion n’auront aucun sens puisqu’ils conduisent tous à une spirale de violence qui in fine ne profite qu’aux cimetières du fait des nombreux corps inanimés qu’ils reçoivent, s’agissant de ces cadavres qui ont la grâce d’être enterrés.

Notre ennemi commun aujourd’hui c’est la lutte contre toute invasion de notre territoire, le chômage, la misère, la corruption et la prévarication de la fortune publique dont le seul et unique traitement s’avère être une gouvernance avertie, proactive, juste et centrée sur l’intérêt moins partisan que général, collectif et national. La vie de la République en dépend. Cette vie reposera sur des institutions crédibles et durables.

A l’heure de la vigilance que nous invoquons, aspirons toutes et tous à la révolution mentale et comportementale qui appelle chacun à la place qui est sienne, à travailler sans relâche pour la cause commune et l’intérêt général. C’est dans une telle ambiance de conscience nationale que tout exercice de tout pouvoir peut conforter les citoyens convoqués à la jouissance du gâteau national. Vigilance, Vigilance et avis aux bonimenteurs.